L’art de s’émerveiller

Note d’intention de Mathieu Bauer, metteur en scène de « Buster » le 11 mai au Escher Theater.

Je suis depuis toujours émerveillé par cette figure de l’homme que l’on a surnommé « l’homme qui ne rit jamais », « la figure de cire » ou encore « le visage de marbre » : Buster Keaton. Ses films ont toujours suscité en moi à la fois un plaisir enfantin de spectateur et l’admiration face à l’immense cinéaste et artiste qu’il était. Beaucoup sont entrés au panthéon de ma cinéphilie et restent des références dans mon imaginaire d’artiste.

Car au-delà des tartes à la crème, des poursuites et des cascades spectaculaires, Keaton est passé maître dans l’art ô combien compliqué de ce que l’on appelle le cinéma burlesque. Sous-tendant en permanence les rapports difficiles de l’homme face aux objets, face à l’espace et face à l’Autre, il décline et fait évoluer son personnage dans ce monde totalement parallèle qu’il invente face à l’adversité, et qui devient source d’une multitude de gags. C’est alors un corps chargé de poésie et de mélancolie, pétri d’humanité, qui se heurte à la dureté de notre monde et fait jaillir en nous un rire salutaire. Je retiens aussi la fulgurance de certaines idées de mise en scène qui sont, encore et toujours, une source d’émerveillement quand je les revois.

J’aimerais par ce ciné-concert singulier, à mi-chemin entre la performance, la conférence et le concert, rendre hommage à ce génie.

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